Nichoirs à l’ETML
Ecole des Métiers de Lausanne (Vaud)

Le 2 juin 2020, je reçois un téléphone de M. Yves Darbellay, responsable de formation de l’Ecole des
Métiers de Lausanne, Institution du canton de Vaud pour la formation pratique et théorique des jeunes
filles et jeunes gens pour les professions techniques et artisanales et pour la formation de technicienne-
s et informaticien-ne-s (https://www.etml.ch).
M. Darbellay me demande conseil pour savoir comment s’y prendre au mieux pour sauver un Martinet
noir qui s’est égaré dans une salle de cours, puis dans des couloirs. Après une riche discussion nous
concluons que si un martinet s’est égaré-piégé dans ce bâtiment, c’est que celui-ci comporte
probablement des possibilités de structures de nidification attractives. Le projet d’une rencontre sur
place est aussitôt décidé.
Sentant une opportunité de création de colonie, j’informe Patrick Patthey, scientifique du patrimoine
naturel et responsable du monitoring de la biodiversité à la DGE BIODIV Vaud* et nous décidons d’une
entrevue in situ entre les deux conseillers hirondelles et martinets pour le secteur lausannois, Jean-
Pierre Frauche et moi, et des responsables de l’ETML.
Aussitôt, globalement, nous évaluons que les façades sud sont tout à fait inadaptées pour des raisons
microclimatiques. Par contre, d’emblée aussi, la grande façade nord paraît prometteuse, avec ses
encadrements de fenêtre en avancée-surplomb protecteurs, ainsi que ses caissons de stores. Une
installation de nichoirs y paraît très envisageable, soit juste au-dessus des caissons de stores, soit à
l’intérieur de ces derniers, mais à ce moment-là, personne ne connaît leurs caractéristiques intérieures.
La faisabilité d’une création de colonie étant structurellement bonne au plan du bâti de l’ETML, de plus,
des colonies de martinets existant dans un périmètre relativement proche et offrant un bon potentiel
«d’exportation avienne», il est décidé que P. Patthey s’approche des responsables de l ‘ETML et des
autorités communales et cantonales concernées pour savoir si leur feu vert pourrait être accordé.
*DGE BIODIV Vaud = Direction générale de l’Environnement, division biodiversité, canton de Vaud

Hypothèses de pose

Le replat en surplomb devant les caissons de stores (croix rouges) nous paraît adapté à une pose classique de
nichoirs traditionnels. L’intérieur des caissons eux-mêmes étant un espace qui nous interpelle aussi tout à fait
positivement, mais dont les caractéristiques structurelles nous échappent à ce moment-là car ils ne sont pas
ouvrables immédiatement à défaut d’un outillage perfectionné.
Cette première visite et cette première évaluation sont porteuses de promesses. Les façades du bâtiment
étant en rénovation, elles sont en phase d’équipement d’échafaudages qui seront en place jusqu’à fin
novembre au moins, c’est une opportunité facilitante à ne pas négliger. C’est ainsi que P.Patthey
organise le 2 juillet une réunion d’évaluation sur le site. Le groupe comprend les architectes en charge
du chantier, mandatés par le canton de Vaud, les spécialistes des martinets et les responsables de
l’ETML.
Nous visitons alors toutes les structures susceptibles d’être équipées de nichoirs. Sur mes conseils, pour
des raisons de problèmes liés à la météo, nous éliminons la variante de pose sous la corniche du dernier
étage, située au-dessus d’une sorte de verrière (visible sur la photo haut p. 2). Pour des raisons
d’esthétique, les architectes mettent de côté la pose de nichoirs traditionnels peu coûteux devant les
caissons de stores (croix rouges en p.2 ). Le démontage d’un de ces caissons a démontré qu’en réalité ils
n’avaient été installés en façade nord que pour assurer une cohérence esthétique avec les équipements
des autres façades : en réalité ils sont totalement vides ! C’est une opportunité proche de la situation
idéale. Du point de vue intégration visuelle et attractivité faunistique potentielle, tout le monde se rallie à
cette option. P. Patthey pense que, malgré les coûts plus importants que l’on peut imaginer, le jeu en
vaut la chandelle. Nous imaginons alors des sets multi-nichoirs en bois à placer dans les caissons, tout
en assurant des caches en bois autour des trous d’envol pour éviter le futur contact des pattes sur les
ouvertures coupantes qui seront pratiquées dans la tôle du panneau frontal des caissons (photo p.3 et 5 ).
Par la suite, Yves Menétrey, qui était présent le 2 juillet, est chargé de la pose des futurs nichoirs et de
la réalisation des prototypes ; l’architecte Rémy Wild lui fournit des indications techniques sous forme de
plans, qui sont la synthèse-formalisation des options prises par notre groupe de conception (Annexes).

Prototypes présentés par Y. Menétrey et validés par mes soins

Passage entre nichoir et tôle et cache protection en bois

Pour la construction des sets de nichoirs, Y. Menétrey s’est assuré de la collaboration de son ami Serge Chollet,
menuiser professionnel de L’Orient (Vaud).
Après quelques petits aménagements, dont un léger recentrage des trous de vol, les deux constructeurs
installent les sets de nichoirs (à 5 cavités) le 13 octobre 2020 à l’ETML.


Set aménagé pour la pose

Notez les taquets de fixation et de réglage de la hauteur aux extrémités

Panneau frontal en tôle reposé

avant le cache

après pose du cache

Etat définitif = produit fini

Pour boucler la boucle
Il faut encore vous informer que l’attraction sonore des martinets sera bien sûr assuré par de la repasse, que
les architectes ont validé l’ensemble final du dispositif et que le personnel de l’ETML est enthousiaste à l’idée
que cet emblématique bâtiment lausannois soit doté d’un équipement d’accueil aussi discret, élégant et
prometteur, leur collaboration à la suite de la réussite de ce projet est assurée.
L’option d’équiper une fenêtre sur deux de cette façade nord de l’ETML fut un choix immédiatement consensuel
de la part des architectes, du personnel de l’Ecole des Métiers et des ornithologues, selon des critères de rythme
et d’équilibre esthétique. De plus ce sera aussi un avantage supplémentaire pour les repérages visuels des
jeunes martinets, futurs colonisateurs des lieux. Chaque cavité est équipée d’une cupule en liège aggloméré.
La présence de caissons de stores vides en façade nord, purement décoratifs, devrait interpeller tous les
protecteurs des martinets… et si cette option était plus répandue qu’on ne le pense sur certains bâtiments !?!
Douze sets de 5 nichoirs ont finalement été installés à l’ETML, ce qui amène le total de cavités à disposition des
Martinets noirs à 60 cavités disponibles. Il faudra un peu de patience… sachant qu’in fine, ce sont les oiseaux
qui décident !
Je ne résiste pas à vous glisser ici un deuxième sous-titre pour ce projet, il est un peu plus familier, mais mieux rythmé :
Un martinet paumé… 60 nichoirs posés !
1er décembre 2020


b.genton@bluewin.ch
PS : Je me réjouis de vous présenter une vue générale avec l’équipement définitif, mais, pour l’instant, les échafaudages sont encore en place et ne permettent pas de visualiser cela


en juin 2020

Annexes
Synthèse, formalisation et peaufunage des options du groupe de conception du projet
par M. Rémy Wild, architecte